Chaque geste en son temps 
2011, série de six photographies, inkjet sur dibond, 50 x 60 cm


Lorsqu’un mur est construit, son état est souvent transitoire : enregistrement, altération, destruction, et par dessus tout, les restes de graffitis. Ce travail s’oriente vers la temporalité du mur, parce qu’il y a volonté de cacher, de dissimuler un acte de vandalisme, et en même temps, procurer un acte, ou une réaction de la ville comme un terrain de multiplication des inscriptions.
Ces errances urbaines tentent d’exacerber une présence disparue, à travers un enregistrement photographique.

Ce n’est ni un rapport, ni une déclaration, mais en réalité la volonté d’équilibrer la charge du mur, et sa fébrilité. Y a-t-il un paradoxe dans la volonté de prouver ou de démontrer un état passé ? Faut-il que le mur reste statique et invisible à l’oeil des passants ? De l’échelle microscopiques jusqu’à l’échelle urbaine, ces photographies sont contre le blanc du mur. Servi par une position frontale, la lecture d’image se fait en deux étapes :
Une composition rigoureuse, plastique, laissant place à l’étonnement. L’activation du sens pas la conscience d’une action passée, conduisant à ce témoignage. Le travail en série, destiné à pointer une différence, en analysant les similitudes avec profondeur.

Un processus de mise en abîme, pour ajouter des couches de sens. Je ne photographie pas un mur, je photographie un geste. Écrire, réécrire, être en tête à tête avec ces murs, que je subtilise. C’est fondamentalement l’histoire de la ville, et sa fragilité qui sont en cause. Par ailleurs, le temps consacré aux réglages et de la prise de vue pourrait être assimilés à l’effacement du mur. Le temps de latence montre une faiblesse. Lorsqu’un mur est reconstruit, il attend la prochaine intervention, jusqu’alors encore inconnue.